Revenu universel, une dangereuse révolution anthropologique

Note d'actualité du CAP de l'ISSEP - Revenu universel
Guillaume Travers

Guillaume Travers

Contributeur du CAP de l'ISSEP

docteur en économie, collaborateur à la revue Eléments, auteur de plusieurs ouvrages dont « Economie médiévale et société féodale »

 L’idée d’introduire un « revenu universel » (ou « revenu de base », « revenu citoyen », etc.) n’est pas nouvelle. Elle refait périodiquement surface, surtout durant les périodes de crise économique[1]. Deux thèmes actuels accompagnent cette idée depuis longtemps : d’une part l’idée que le travail aliène, que nombre d’individus sont contraints d’accepter des emplois peu gratifiants, et donc privés de leur « liberté » ; d’autre part, l’idée que ce même travail se raréfierait, en raison des progrès de la mécanisation (au XIXe siècle) ou de la robotisation (aujourd’hui). Face à ces maux, le revenu universel trouve des partisans dans un large spectre, des économistes les plus libéraux jusqu’à de nombreux mouvements écologistes radicaux. Les promesses sont nombreuses : fin de la pauvreté, remplacement du travail subi par le travail choisi, avènement d’une vraie liberté de choix pour tous, subversion des valeurs marchandes par des valeurs non marchandes, etc. Qu’elles soient pour ou contre, toutes les parties prenantes s’accordent à reconnaître que le revenu universel soulève des questions qui vont bien au-delà du seul champ économique et social. À nos yeux, ce serait une révolution anthropologique, dont il faut dénoncer à la fois les fondements idéologiques, et le caractère irréaliste en pratique.

1. Qu’est-ce que le revenu universel ?

Un grand nombre d’auteurs ont formulé des propositions de revenu universel. Notre propos ici n’est pas d’en faire l’inventaire, ou de discuter de leur spécificité[2]. Au contraire, il nous faut simplement mettre en évidence les trois grandes caractéristiques partagées dans la quasi-totalité des cas. Ainsi, ce revenu consisterait en une somme fixe, financée par les fonds publics et versée de manière :

  • Universelle, donc à tous les membres d’une communauté politique sans condition de ressources.
  • Individuelle, donc à chacun des individus, sans considération de leur statut conjugal ou autre (foyer fiscal, nombre d’enfants, etc.). Selon les propositions, les enfants mineurs en bénéficient ou non.
  • Inconditionnelle, donc sans aucune contrepartie pour le bénéficiaire. Par exemple, il n’y aurait nul besoin de démontrer que l’on recherche activement un emploi pour en bénéficier.

Dans son principe, le revenu de base s’oppose aux deux grandes visions qui ont prédominé en matière de politique sociale jusqu’à ce jour. Son caractère universel le distingue des politiques d’assistance sociale, fondées sur des transferts des plus aisés vers les plus pauvres. Dans la mesure où tout le monde perçoit le revenu universel, les plus démunis ne seraient pas « stigmatisés » par le fait d’être aidés. En outre, son caractère inconditionnel oppose le revenu universel aux systèmes d’assurance sociale, eux-mêmes fondés sur des transferts entre travailleurs pour faire face à des aléas temporaires (maladie, perte d’emploi, etc.). En effet, un individu peut bénéficier du revenu universel quand bien même il n’aurait jamais travaillé et n’aurait aucune intention de le faire. Bien entendu, pour ses partisans, le revenu universel serait couplé à d’autres mesures fiscales : si les riches percevraient certes ce revenu, ils paieraient néanmoins des impôts beaucoup plus élevés.

Le revenu universel a une longue histoire[3]. Ses sources se trouvent à la fois chez des auteurs libéraux, tels Milton Friedman, et chez des auteurs marqués à gauche, ayant une fibre sociale plus forte. Ces deux courants partagent néanmoins un trait commun : la volonté de vouloir « libérer » l’individu, soit d’un État-providence jugé trop interventionniste, soit des contraintes économiques inhérentes au marché du travail. À ce titre, la plupart des auteurs voient cette « libération » non pas uniquement comme une mesure de redistribution, mais comme une révolution politique ayant une portée beaucoup plus large. Cette libération serait bienvenue dans un contexte de raréfaction des emplois stables et de robotisation de la production. Le sous-titre du livre-manifeste publié par le Mouvement français pour le revenu de base illustre bien cette volonté de « libération » : « Vers une société du choix », c’est-à-dire une société où le choix individuel a pu s’affranchir de toute contrainte économique. À ce jour, aucun pays n’a mis en place de réel revenu universel ; si de nombreuses expériences existent à l’étranger, leur portée est souvent limitée.

2. Des fondements anthropologiques discutables

Chaque proposition particulière de revenu universel peut évidemment faire l’objet de commentaires spécifiques. Notre but à travers cette note n’est pas de discuter l’une ou l’autre de ces propositions, mais le concept même de revenu universel. En effet, toutes, peu ou prou, s’appuient sur une vision de l’homme et de la société qui nous semble condamnable.

Tout d’abord, toutes les propositions de revenu universel s’appuient une anthropologie individualiste, c’est-à-dire sur l’idée que l’individu est supérieur au collectif. Dans ce contexte, la « liberté » est avant tout celle de faire des « choix » indépendamment de toute considération pour l’intérêt collectif, ou de toute autre contrainte sociale. Il ne faut donc pas s’étonner que le revenu universel trouve des partisans au sein de mouvements en apparence très divers, des libéraux aux écologiques : tous partagent la même anthropologie individualiste. Tous ne veulent maximiser que la capacité pour l’individu de s’affranchir de la société. Dans le cas précis du revenu universel, la « liberté » est pensée comme la déconnexion entre le fait de gagner un revenu et l’exercice d’un travail marchand.

Une telle conception de la liberté est une révolution dans la manière de penser les politiques sociales. En effet, l’aide aux plus démunis ne se justifie plus par l’appartenance à un même corps social, qui crée des obligations de réciprocité, mais simplement par le fait d’être un individu dont les choix – quels qu’ils soient – sont respectables. Le revenu universel, par son caractère individuel et inconditionnel, est donc le revenu d’une société qui vient à refuser toute conception du bien commun, toute hiérarchie de valeurs partagées structurant l’espace social. Du point de vue de l’État qui accorde un revenu universel, tous les comportements se valent : celui qui travaille et celui qui reste derrière son écran. En donnant les moyens matériels de ces « choix », le revenu universel marquerait donc un pas en avant dans la mise à niveau de toutes les valeurs. En outre, le caractère inconditionnel du revenu universel crée un droit auquel ne sont assortis aucune contrepartie, aucun devoir. La vision de l’ordre social portée par le revenu universel rompt avec l’idée classique selon laquelle on appartient au corps social par un système de relations, de droits et de devoirs réciproques. Les partisans du revenu universel ont donc raison d’y voir un changement profond de paradigme, une refondation de la société dans sa totalité.

L’individualisme est évidemment reflété dans le fait que le revenu universel est versé à l’individu, sans considération pour le foyer fiscal. Une implication directe est que la famille n’est plus une entité pertinente du point de vue de la politique sociale : tous les comportements familiaux sont considérés comme équivalents. Par exemple, certains auteurs se réjouissent du fait que le revenu universel facilitera les divorces : en effet, la personne financièrement la moins aisée du couple (souvent les femmes) pourra désormais trouver une autonomie financière minimale en dehors du couple.

Considéré du point de vue politique, le revenu universel marquerait aussi un tournant majeur : le refus du politique de donner toute forme à la société, de prendre toute décision visant à organiser l’espace social selon des fins communes. Dans cette nouvelle ère anthropologique, le politique renoncerait à favoriser des comportements ou des structures considérés comme bénéfiques pour la société pour s’effacer devant le libre choix de l’individu. Tel n’est pas le cas aujourd’hui quand l’Etat cherche, par exemple, à encourager la natalité en versant des allocations familiales ou à favoriser le cadre marital par des aménagements fiscaux. Cette position « neutre » de l’Etat est finalement cohérente avec l’individualisme et le relativisme ambiants, dans lequel les hommes politiques s’interdisent tout jugement de valeur, remplaçant le gouvernement guidé par le bien commun de la société par une logique de gestion centrée sur l’individu.

Plus prosaïquement, dans un monde marqué par le chômage de masse et le remplacement des travailleurs par les robots, le revenu universel peut être interprété comme un renoncement du politique : l’acceptation à mots cachés du fait que le système économique crée des masses d’individus inemployables, dont on ne sait que faire et que, faute de mieux, on se contente d’entretenir passivement[4]. Autrement dit, plutôt que de chercher à mettre en place des politiques micro et macro-économiques laissant le moins de citoyens sur le bord de la route, les partisans du revenu universel choisissent la facilité, se contentant d’accepter les défaillances du système en cherchant simplement à les compenser partiellement par cette mesure.

3. Un modèle peu soutenable

Une seconde critique fondamentale contre le revenu universel tient à sa faisabilité et à sa soutenabilité sur le temps long. Bien entendu, la capacité d’un revenu universel à durer de manière viable dépend des modalités exactes de sa mise en œuvre, lesquelles diffèrent grandement d’un auteur ou d’un programme politique à l’autre. Sans entrer dans une discussion précise de ces modalités, il est néanmoins possible de souligner quelques écueils majeurs.

Tout d’abord, il faut bien comprendre le problème de base posé par le financement du revenu universel. Nous l’avons vu, la promesse centrale faite par les partisans du revenu universel est celle qui consiste à déconnecter travail marchand et revenu. Mais cette déconnexion, bien réelle du point de vue du bénéficiaire, ne peut pas exister dès que l’on se tourne vers le financement de ce revenu : les taxes et impôts nécessaires au financement du revenu universel ne peuvent être prélevés que sur l’activité économique marchande.

Cette structure pose un problème d’équilibre : d’une part, un revenu universel généreux incite à privilégier les activités non-marchandes (travail domestique, loisirs) sur le travail marchand ; de l’autre, le financement d’un revenu universel généreux présuppose que les activités marchandes – les seules taxables – soient abondantes. Un tel équilibre est très difficile à trouver et à maintenir sur le temps long.

Ceci posé, plusieurs questions méritent discussion. Tout d’abord, il est bien évident qu’un revenu universel d’un faible montant est plus aisé à mettre en œuvre et à financer qu’un revenu d’un montant conséquent. Néanmoins, si le revenu universel doit permettre d’atteindre les objectifs qu’on lui assigne couramment (par exemple, permettre à l’individu d’échapper à la nécessité d’accepter des emplois mal payés ou considérés comme dégradants), son montant doit être substantiel et permettre de couvrir la quasi-totalité des besoins de base. Presque tous les partisans du revenu de base sont donc d’accord sur la nécessité d’un revenu généreux. La question de l’équilibre des financements est donc centrale.

Deux options s’ouvrent alors : soit le revenu de base vient s’ajouter aux prestations sociales existantes (transferts sociaux ciblés, retraite, assurance maladie, assurance chômage, prestations familiales, éducation, etc.), soit il vient s’y substituer dans une large mesure. Les auteurs diffèrent sur ce point : les plus libéraux plaident pour une substitution complète ; ceux qui ont une fibre plus « sociale » insistent souvent sur le caractère complémentaire du revenu de base.

Néanmoins, un constat s’impose vite. Étant donné le poids déjà considérable des budgets sociaux dans le produit intérieur brut (PIB) des grands pays développés, un revenu de base conséquent qui viendrait s’ajouter purement et simplement aux transferts existants serait impossible à financer. Aucune proposition crédible n’a jamais été faite en ce sens : même une très forte hausse des taux d’imposition ne permettrait pas d’atteindre ce but car, passé un certain seuil, les incitations à s’expatrier fiscalement ou à réduire le nombre d’heures travaillées deviendraient trop importantes et ne permettraient plus d’augmenter les recettes fiscales. Un bref calcul suffit à saisir l’ampleur du problème. Supposons que les 50 millions de Français adultes en 2020 doivent bénéficier d’un revenu de 700 euros par mois, douze mois par an. La facture annuelle s’élèverait à 420 milliards d’euros, soit six fois que le produit actuel de l’impôt sur le revenu[5] !

Pour qu’un revenu universel soit finançable de manière réaliste, il est donc nécessaire de faire l’hypothèse qu’il se substitue à une part importante des prestations ciblées aujourd’hui en vigueur. Si tel était le cas, le risque d’une paupérisation des plus démunis serait réel, car il est tout à fait improbable que le revenu universel soit fixé à un niveau proche du niveau d’aides auquel de nombreuses familles peuvent actuellement prétendre.

De plus, quand bien même une substitution entre revenu universel et transferts existants serait décidée au moment où est le revenu universel est mis en place, il est peu probable qu’elle soit viable sur le temps long. Pour le comprendre, il faut considérer le système de prestations sociales sous le prisme de l’économie politique.

Bien évidemment, un système de prestations avec une grande variété de transferts, de conditions imposées aux bénéficiaires, induit des coûts liés à sa complexité. Mais il a aussi sa raison d’être, à savoir qu’il permet de répondre aux besoins de sous-groupes particuliers de la population (mères célibataires, personnes handicapées, etc.). Quand bien même les partisans du revenu universel entendent promouvoir un système ne visant aucune fin collective particulière (pour remettre l’entière « liberté de choix » dans les mains de l’individu), cela ne suffira pas à faire taire toutes les revendications catégorielles qui, en démocratie, existent nécessairement. Certaines de ces revendications feront écho à certaines des conceptions de la justice portées intuitivement par des pans importants de la population. Des décideurs politiques élus ne pourront donc pas longtemps ignorer ces revendications catégorielles. Ainsi, même si les transferts ciblés étaient initialement abolis pour ne laisser place qu’au seul revenu universel, il est fort probable qu’ils seraient rapidement réintroduits. La réalisation de plusieurs objectifs de politique économique ou sociale nécessite plusieurs instruments ciblés. Le seul revenu universel ne pourra y suffire[6].

Le financement du revenu universel soulève un dernier problème. Nous l’avons dit, un financement viable du revenu universel suppose de maintenir un équilibre précaire entre recettes et dépenses. Or, dans un système démocratique où le revenu universel aurait acquis un rôle central, il est peu probable que cet équilibre puisse être tenu sur le temps long. Si le revenu universel devient l’alpha et l’oméga du système social, alors il y a fort à parier que nombre de débats électoraux vireront vite à la surenchère quant au montant de ce revenu. Si la hausse du revenu universel peut apparaître comme une bonne promesse électorale à court terme, elle mine la viabilité même de ce revenu à plus long terme. En outre, il y a fort à parier qu’une autre promesse électorale rentable à court terme soit l’extension du nombre des bénéficiaires : soit aux enfants mineurs, soit aux étrangers sur le territoire. Dans ce dernier cas, un revenu universel pourrait être un appel d’air pour l’immigration, menaçant encore davantage la viabilité financière du système.

Enfin, pour résoudre le problème du financement du revenu universel, certains auteurs ont suggéré que son montant soit indexé sur celui des ressources disponibles, par exemple sur le PIB. Si une telle proposition a le mérite de garantir l’équilibre du financement du revenu universel, il n’est pas du tout évident qu’elle soit politiquement tenable. Ainsi, on sait que les salaires – qui pourtant sont un prix de marché – font montre d’une très grande rigidité à la baisse. Ce sera a fortiori le cas des revenus obtenus à partir de fonds publics : il est très peu probable qu’un dirigeant politique accepte de réduire le revenu universel précisément pendant les périodes de crise ; là où la possibilité même de compléter ses revenus par un travail marchand est elle-même moindre.

***

En conclusion, le jeu des forces politiques a toutes les chances de pousser vers une hausse continue du revenu universel, sans possibilité sérieuse de revenir en arrière. Tôt ou tard, le revenu universel s’effondrerait sous le poids de ses contradictions : on ne peut pas ambitionner de s’affranchir du système marchand par un système dont le cœur même présuppose un développement considérable de ces mêmes échanges marchands[7].

Dans les débats sur le revenu universel, ce qui se joue va bien au-delà d’une seule mesure de politique économique. Ses partisans n’ont peut-être pas tort de dire que le revenu universel pourrait être « le principal enjeu social du XXIe siècle »[8]. Ce qui se joue est une nouvelle étape dans la marche de l’individualisme et la déconstruction des ordres sociaux classiques. En un mot, les idéaux modernes ont proclamé l’égalité abstraite de tous les individus. Ils se heurtent cependant chaque jour aux inégalités concrètes, économiques et sociales. La « liberté » demeurait toute théorique, car trop d’individus n’avaient pas les moyens de cette liberté, la possibilité de « choisir » sans contrainte tout mode de vie qui leur plaît. Le revenu universel vise à approfondir plus encore la logique individualiste, en affranchissant l’Homme des dernières limites qui empêchent le plein déploiement de cette « liberté ». Une telle conception de la « liberté » ne peut qu’approfondir les travers de la modernité : elle n’est que désir individuel de s’auto-engendrer, de s’autodéterminer, sans aucune limite posée par la collectivité. Les limites éthiques ou légales au « choix » libre des individus ayant toutes sauté, le revenu universel vise à s’affranchir des limites économiques : davantage encore, l’Homme ne sera qu’un consommateur.

Bien entendu, les intentions de certains des partisans du revenu universel sont tout à fait louables. Certains, à l’instar d’André Gorz, ont cru voir dans le revenu universel un moyen de revaloriser les activités non marchandes (travail domestique, activités bénévoles, etc.), et donc de sortir d’un modèle économique centré uniquement sur le travail aliénant et la consommation. Si ces objectifs sont éminemment défendables, il est douteux que le revenu universel soit le meilleur moyen d’y parvenir, pour les raisons que nous avons signalées.

De même, nombre de défenseurs du revenu universel entendent redonner du sens à l’activité économique, tant au travail qu’à la consommation. Cette question du sens est essentielle et, à nos yeux, ne peut pas être résolue par de seuls moyens matériels mis au service de l’individu. L’Homme ne donne du sens à son activité que s’il se situe par rapport à des repères qui le dépassent. Ces repères sont nécessairement collectifs, politiques, ancrés dans une vision du bien commun – tout ce que les partisans du revenu universel rejettent au nom de la seule liberté de l’individu.

*** ANNEXE ***

[1] Mateo Alaluf et Daniel Zamora (dir.), Contre l’allocation universelle, Lux, 2016, p. 9-10.

[2] L’ouvrage de référence sur le sujet, par des auteurs favorables au revenu universel, est Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborght, Le revenu de base inconditionnel. Une proposition radicale, La Découverte, 2019. Pour des exemples de propositions d’origines respectivement plus libérale et plus sociale, voir Marc de Basquiat et Gaspard Koenig, Liber, un revenu de liberté pour tous, Éditions de l’Onde / Génération libre, 2015 et Mouvement français pour un revenu de base, Pour un revenu de base universel. Vers une société du choix, Éditions du Détour, 2017.

[3] Outre les références suscitées, voir Timothée Duverger, L’invention du revenu de base. La fabrique d’une utopie démocratique, Le Bord de l’eau, 2018.

[4] Certains auteurs insistent sur le fait que les individus ainsi libérés du besoin de travailler pourraient se consacrer à des activités qui élèvent, etc. Cela est peu crédible et il est plus probable qu’ils sombrent dans la consommation passive.

[5] En outre, si le revenu universel devait complémenter les prestations existantes, alors des arguments importants en sa faveur disparaîtraient : l’argument de l’efficacité économique (selon lequel un seul paiement nécessite moins de bureaucratie qu’une multitude d’aides) et celui du respect de la vie privée (selon lequel les transferts existants sont « intrusifs », car ils nécessitent de collecter beaucoup d’informations au sujet des bénéficiaires, voire de les contrôler).

[6] Une faiblesse dans l’argumentation de nombreux auteurs en faveur du revenu universel tient d’ailleurs au fait qu’on assigne un nombre considérable d’objectifs distincts à une mesure unique. Ces objectifs sont parfois eux-mêmes contradictoires (par exemple, favoriser une plus grande consommation, et œuvrer en faveur d’un recul de la société de consommation).

[7] Parmi les autres propositions non-tenables sur le temps long, on trouve celles visant à financer le revenu universel par la taxation des activités polluantes. Précisément, si le but est de réduire les activités polluantes au fil du temps, la base taxable diminuera, de sorte que le financement du revenu universel ne pourra pas être pérenne.

[8] Mouvement français pour un revenu de base, op. cit., p. 193.

Vous avez aimé ? Partagez sur vos réseaux sociaux
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur telegram
Partager sur email
risus adipiscing eget dictum quis id non